N’Djaména, 17 mars 2026 ; la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) est sortie de sa réserve pour écouter les familles, établir les faits et annoncer un engagement ferme : accompagnement judiciaire, plaidoyer institutionnel et suivi jusqu’à ce que justice soit rendue.
Des parents en détresse face à des crimes qui ont choqué l’opinion
Réunis au siège de l’institution, les parents de plusieurs fillettes âgées de 2, 3, 4 et 7 ans, victimes d’agressions sexuelles survenues courant janvier et février dans les arrondissements de la capitale, ont exposé leur détresse et leur combat solitaire. Les faits, attribués selon les familles à des hommes dont certains seraient des militaires, avaient suscité une vive indignation sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique.
Autour du président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, se trouvaient notamment la présidente de la sous-commission chargée de la promotion de l’égalité et des droits des femmes, des enfants et des personnes handicapées, ainsi que des responsables administratifs et conseillers de l’institution. L’objectif affiché : entendre directement les parents, vérifier les informations relayées par les médias et comprendre l’état réel des procédures engagées.
Selon le président, la CNDH avait été informée par les médias sociaux et traditionnels, mais avait choisi d’agir avec prudence afin d’établir la véracité des faits avant toute prise de position publique. Cette rencontre devait donc permettre d’obtenir la version des familles et d’évaluer les actions déjà entreprises pour obtenir justice.
Procédures bloquées et absence de prise en charge des victimes
Les témoignages ont révélé une situation alarmante : malgré des constats médicaux et des démarches judiciaires initiales, aucune procédure n’aurait véritablement abouti ; les présumés auteurs seraient toutefois en détention préventive et les dossiers en instruction. Plus inquiétant encore, les parents ont dénoncé l’absence quasi totale de prise en charge sanitaire et psychologique de leurs enfants, hormis les premiers soins administrés immédiatement après les faits :
Face à ces révélations, la CNDH a exprimé sa compassion et sa solidarité envers les victimes et leurs familles, tout en rappelant que de tels actes constituent une atteinte grave à la dignité humaine et aux droits fondamentaux des enfants. Son président a annoncé que l’institution se constituera partie civile et mettra à disposition des parents un avocat pour assurer le suivi judiciaire des dossiers.
Au-delà de l’assistance juridique, la CNDH entend également interpeller les autorités compétentes. Elle prévoit de saisir les ministères chargés de la Femme, de la Petite Enfance ainsi que de la Justice afin que les victimes bénéficient d’un accompagnement médical, psychologique mais aussi judiciaire, responsabilité qui incombe à l’État.
Un engagement pour que justice soit rendue aux enfants
Les familles, visiblement éprouvées, ont décrit le traumatisme profond vécu par les enfants et l’angoisse quotidienne liée à un sentiment d’abandon. Elles dénoncent une négligence institutionnelle qui, selon elles, prolonge leur souffrance autant que le crime lui-même.
La CNDH a promis un suivi rigoureux de l’évolution de l’affaire, réaffirmant un principe fondamental : nul n’est au-dessus de la loi. Tout acte portant atteinte aux droits humains, en particulier à l’intégrité des enfants, doit faire l’objet de poursuites exemplaires.
Par cette démarche, l’institution entend non seulement soutenir les victimes, mais aussi répondre à l’exigence nationale de justice et de protection des plus vulnérables — afin que ces crimes ne restent ni impunis ni oubliés.
