Le cinéma peut-il devenir un véritable outil de promotion des droits de l’Homme ? Pour le réalisateur tchadien Aaron Padacké Zégoubé, la réponse est clairement affirmative. À l’occasion d’une audience accordée ce vendredi 11 septembre 2026 par le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), M. Belngar Larmé Jacques, le cinéaste est venu présenter officiellement son trophée et échanger sur les possibilités de renforcer le rôle du septième art dans la sensibilisation aux droits fondamentaux.

Étaient également présents à cette audience le Conseiller technique du Président de la CNDH, M. Jean-Bosco Manga, ainsi que l’un de ses collaborateurs.

Une troph ée dédie a la défense des droits des femmes 

Aaron Padacké Zégoubé a présenté au Président de la CNDH son deuxième Prix Ténéré d’Argent, remporté pour son film Warassa au Festival international des films sur les droits de l’Homme de Niamey, au Niger.

Sorti en 2025, le long métrage, soutenu par l’État tchadien et sélectionné au FESPACO, met particulièrement en lumière les droits des femmes. À travers cette œuvre, le cinéaste entend porter un regard sur les réalités auxquelles les femmes sont confrontées et contribuer à la sensibilisation du public.

C’est précisément en raison de cette dimension que le réalisateur a choisi de dédier cette distinction aux droits de l’Homme, considérant que l’art et la défense de la dignité humaine poursuivent une finalité commune : sensibiliser, interpeller et contribuer à l’évolution des mentalités.

Le cinéma un outil de sensibilisation et de cohesion sociale

Au cours de l’audience, Aaron Padacké Zégoubé a également présenté la prochaine édition des Ateliers de Toumaï, dédiés au Cinéma et prévue du 7 au 15 décembre 2026. Cette résidence cinématographique, organisée chaque année au mois de décembre, réunit des professionnels et porteurs de projets issus de onze pays d’Afrique centrale.

L’initiative permet aux participants de travailler sur différentes étapes de leurs projets afin d'aboutir à des productions finalisées. Elle se veut également un espace d’échanges entre pouvoirs publics, cinéastes et acteurs de la distribution autour d’une vision commune du développement du cinéma dans la sous-région.

Pour le cinéaste, le cinéma constitue désormais un véritable vecteur de développement, de dialogue et de cohésion sociale, susceptible de porter les valeurs communes des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Dans cette perspective, il a proposé que la CNDH puisse intervenir dans le cadre de ces ateliers autour d’une thématique consacrée aux droits de l’Homme, notamment sur les moyens d’utiliser le cinéma et les productions audiovisuelles pour transmettre des messages de sensibilisation adaptés aux réalités et aux différentes langues du public.

L a CNDH ouverte a une collaboration autor du septieme Art

Exprimant sa gratitude au Président de la CNDH pour sa disponibilité, le réalisateur a également salué son engagement en faveur de la promotion et de la défense des droits humains. Il a présenté son parcours et insisté sur la capacité du cinéma à contribuer à l'éducation aux droits de l'Homme, à la cohésion sociale et à la promotion d'une culture de paix.

Le Président de la CNDH, M. Belngar Larmé Jacques, a félicité le cinéaste pour cette distinction qui, selon lui, honore non seulement son parcours personnel, mais également le Tchad. Il a salué son engagement, son courage et son patriotisme, particulièrement dans un secteur qui demeure confronté à des contraintes importantes en matière de moyens.

Le Président de la CNDH a également souligné que la culture et le cinéma constituent des instruments importants d’éducation civique, de lutte contre les discriminations et de promotion de la paix, de la cohabitation pacifique et du vivre-ensemble.

Il a exprimé la volonté de la CNDH de maintenir et de développer cette collaboration, notamment en intégrant davantage le cinéma et les productions audiovisuelles dans ses actions de sensibilisation. L’adaptation des messages aux différents publics et aux langues utilisées dans les communautés constitue, à cet égard, un enjeu majeur.

À travers cette ouverture, la CNDH entend explorer de nouveaux supports de communication et de sensibilisation afin de rapprocher davantage les droits de l’Homme des citoyens et de renforcer la diffusion d’une culture de dignité, de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble.